Un terroir
et son histoire.


          Parlant de la Tunisie, Pline l'écrivain Romain expliquait autrefois : " Ici sous des palmiers d'une taille exceptionnelle poussent des oliviers, sous les oliviers des figuiers, sous les figuiers des grenadiers et en dessous de ceux-ci des vignes. Et sous les vignes, on sème des céréales, plus tard des plantes légumineuses, et puis des légumes, tous dans la même année, et tous se nourrissant de l'ombre d'un autre. "
          De ce paradis terrestre découle une manière de se nourrir, constituant les bases du régime méditerranéen. A cette époque déjà, le menu quotidien des Phéniciens au Moyen-Orient comme des Carthaginois en Afrique du Nord réserve une place importante aux fruits, aux légumes et aux légumineuses et à l'huile d'olive.

   L'huile tunisienne, depuis Carthage

        Dès Carthage, c'est à dire depuis près de trente siècles, l'histoire de la Tunisie et celle de l'olivier sont intimement liées.
      Après avoir affirmé sa prospérité maritime sous l'empreinte des Magon, soit de 550 à 450 A..C, l'aristocratie carthaginoise se tourne vers l'intérieur des terres et imagine des systèmes de culture perfectionnés. La vigne et l'olivier y sont plantés ainsi que les céréales.
     Après la conquête romaine, Carthage prend le nom de province d'Africa. L'Africa d'alors - qui correspond au territoire de la Tunisie actuelle - connaît un des plus extraordinaires développements de tout l'Empire. L'olivier devient une culture arbustive de première importance, ce qui fait de l'Africa le premier producteur d'huile du monde méditerranéen.
 Tacite, l'historien romain du premier siècle mentionne alors que " la production de la province d'Africa constitue la plus grande partie d'huile baignant l'ordinaire de l'empire romain".

Tebourba, une tradition agricole
    " Tébourba est une des quelques villes de la Tunisie dont la population a un caractère original tout spécial. Elle se compose presque en entier de descendants des Maures chassés de l'Andalousie, établis à l'emplacement de l'ancien Tuburbum Minus , sur la rive gauche de la Medjerda. Le district de Tébourba est riche et fertile. Il produit des céréales en grande quantité; la récolte des olives y est abondante, la culture maraîchère très développée et très variée."
      
(E. Lecore-Carpentier - L'Indicateur Tunisien - Annuaire des administrations de la régence de Tunis - Guide du commerce, de l'industrie de l'agriculture et des touristes. 1905.)
L'huile d'olive à Tebourba

           Dès l'antiquité, la plaine et les hauteurs qui bordent la rive droite de la Medjerda étaient plantées d'oliviers, lorsque Tebourba était appelée Tuburbum Minus.
" De récents travaux de défrichement exécutés au domaine d'El-Mahrine ont amené la découverte d'un établissement agricole romain. Elle est située au sommet de la petite éminence de Bordj-el-Djerbi. Le bâtiment déblayé, une huilerie semble-t-il est malheureusement trop mal conservé… "
(L. Poinssot, R. Lantier - Bulletin archéologique, Paris, 1923)
         Les recherches effectuées à cet endroit, dans l'oliveraie de la famille Mahjoub, ont permis de retrouver toutes les pierres d'un pressoir antique d'huile d'olive et de le reconstituer à l'identique.